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Twitter, Facebook et Linked In sont clairement les plus importantes plateformes de médias sociaux utilisées. Elles affichent un nombre toujours plus important d’utilisateurs et annoncent leur progression fulgurante à un rythme qui pourrait en étourdir plus d’un. Nous voilà tous mis devant l’inéluctable hégémonie de cette trinité 2.0 ? Pas vraiment…

Il y a une dimension culturelle (au sens de culture nationale ou régionale) à l’utilisation de ces outils. Ainsi, comme le révélait un article du journal Métro de Montréal du 1er décembre 2009, seulement 2% des Québécois utilisent Twitter, alors que celui-ci est devenu un incontournable des médias sociaux. Pire, les francophones sont encore moins nombreux que les Québécois ayant une autre langue maternelle que le français. Et si on traverse la frontière états-unienne, Twitter est largement plus utilisé. Évidemment, avec cet exemple, on peut facilement affirmer que c’est parce que le Québec a traditionnellement du retard sur son voisin du Sud dans l’intégration des nouvelles technologies.

Soit. Dans ce cas là, regardons la différence d’utilisation des deux médias sociaux professionnels : Viadeo et Linked In. Linked In, leader mondial, est surtout un outil fréquenté par des Nord-Américains, tandis que Viadeo est plus européen, voire plus Français dans ses utilisateurs. D’ailleurs, l’APEC (Association pour l’Emploi des Cadres), association française, a changé en novembre 2009 sa stratégie pour rejoindre ses membres via les médias sociaux. Au lieu de s’appuyer sur Linked In, elle a préféré s’entendre avec Viadeo. Pourquoi ? Bertrand Duperrin dans son blogue l’annonce clairement : parce que Linked In ne rejoint pas les cadres français, contrairement à Viadeo.

Si nous sortons de l’espace occidental pour regarder du côté de l’Asie ou de la Chine, la réalité est toute autre et Facebook, Twitter ou Linked In sont sous-utilisés. Ils doivent faire face à des concurrents bien implantés sur leurs marchés culturels ou nationaux. Frédéric Cavazza, dans son article La Chine à l’assaut des médias sociaux (chinois), décrit l’incroyable monde des médias sociaux chinois. Très actifs, les acteurs locaux, inconnus en occident, se sont taillés un empire et pourraient chercher à s’étendre en Corée ou au Japon. En Inde aussi, les médias sociaux locaux ont leurs spécificités.

Le constat ici est triple :

  1. Ne faisons pas de l’ethnocentrisme ou de l’occidentalisme primaire. Facebook, Twitter et Linked In nous mettent en contact avec un nombre important de personnes mais pas forcément avec tout le monde et cela même si nous publions en anglais ;
  2. Ne croyons pas non plus que toutes les différences et les barrières sont levées entre les peuples. La culture et les particularismes culturels sont toujours présents et très forts. Nous sommes encore un monde post tour de Babel ;
  3. Tout dépendamment de nos cibles, de leur culture, de leur origine ethnique, nous devons choisir, explorer et exploiter des plateformes de médias sociaux différents. Tout comme le packaging de tel ou tel produit international ou sa campagne de publicité, il faut s’adapter à l’espace culturel qu’on cherche à investir.

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